Amparo

Inscrit le : 05 Juin 2008 Messages : 7
| Sujet: Re: Un soulot sachant se souler sans un sou est un sacré soulot Lun 23 Juin - 4:58 | |
| Et me voici du haut de mon niveau 72. Je me dis dans une extrême naïveté que la vérité ,un jour ou l'autre me rattrapera. Si j'ai bien sû jouer le jeu au début, cela devient de plus en plus lassant à la longue et perds, à vrai dire, tout son charme. Non je ne peux vous mentir plus longtemps. Je dois l'assumer, le vivre, le réveler.
Si certains d'entre vous (pour ne pas dire tous) connaissent ma véritable identité, cette dernière reste encore cachée pour trop de gens. Oh, bien sûr je la déclamais à qui voulait l'entendre, mais encore fallait-il le demander ou aborder le sujet. Voici donc ma terrible histoire.
Je naquis (namoi!!!) donc un matin de juin, un lundi pour être exact. Un de ces lundis où la rosée pâle du matin luis comme ...euh... comme un pare-choc de mustang tunée et chromée sous les éclats étincelants du soleil. Dans l'herbe fraîche de pandala, je songeais à mon avenir. Soudain, une femme vraisemblablement venue d'ailleurs (là où ce situe le berceau de la vérité comme le disaient si bien le flegmatique Mulder et la resplendissante Scully, ou l'inverse je ne sais jamais) m' apparue. Elle me dit alors d'une voix tonitruante qui résonne encore dans mon esprit, une voix d'outre tombe :
"Chichis ,caramels, glaces, qui veut mes chichis, mes caramels et mes glaces, ils sont bons mes chichis, mes caramels et mes glaces , demandez..."
En y réfléchissant bien, je pense qu'il s'agissait de Ema Ronglassé, la fille du riche industriel de Bonta ,qui faisait son job d'été. Bref peu importe.
Sous le terrible poids de ses paroles, je décidais de devenir un homme, un vrai (avec un gros tatouage de bisounours sur le biceps). Je me mit donc en route pour la terrible cité d'Astrub dont seul le nom ferait frémir Molière, Rousseau et autres Bernad Pivot.
Arrivé sur place, un grand panneau à l'entrée ciblait à peu près la situation, ils ne parlaient pas notre langue. Sur ce dernier était inscrit dans un dialecte étrange, "Bi1venu ché ns 1ble avanturié". J'étais perdu, affolé, troublé. Je m'enfuis en courant.
Au cours de mes pérégrinations, je fis la connaissance d'un grand et fort guerrier, un iop il me semble, qui se nommait The-sayan. Je décidais de l'aborder intrigué par ses éclairs éblouissants qui jaillissaient littéralement du sol pour l'envelopper dans un somptueux manteau de lumière. Ce fut mon premier contact avec un être parlant la même langage que moi (les gens d'astrub eux parlaient manifestement la même langue mais pas le même langage). Nous discutâmes longuement, tout en marchant. Il m'expliqua alors le monde des douze, les personnes que l'on pouvait y rencontrer, les créatures aussi. Je buvais ses paroles subjugué par ses récits. Puis le brave guerrier dû continuer sa quête et me laissa seul en me précisant que, malgré la distance, je pouvais le solliciter pour lui demander conseil.
Une semaine passa, j' eut rencontré moults monstres sur ma route, des horribles prespics qui se camouflaient dans le décor, aux redoutables chef de guerre bouftou qui n'avait de chef que le nom. Que d'atroces combats où la mort me semblait être une finalité bien douce à côté de ce que j'endurais !!!
Mais malgré toutes ses épreuves,ma rage de vivre n'en était que plus grande, chaque jour je m' aguerissait davantage, devenant plus costaud, plus fort. Je décidai de visiter la glorieuse cité de Bonta. Le trajet fut long, très long. Mon salut me vint d'un aventurier solitaire qui me prit sur le dos de sa dragodinde alors que je ne pouvais plus avancer d'un pas. Il me mena à Bonta et me paya l'auberge pour le soir. Quelle chance!!!
Je restai donc trois jours durant dans cette grande ville, à laquelle le terme d'angélique colle parfaitement. Puis lassé du bruit, des vendeurs à la criée, et ayant fait le tour des hôtels de vente, je repartis pour pandala afin de m'y ressourcer. J'étais bien conscient de l'énormité du chemin mais j'étais motivé. Après avoir précautionneusement emballé un steack de bouftou, deux litres de lait de bambou et trois livres de sucre de palmifleur dans mon baluchon, je pris le large vers le bois de Litneg. Au loin sonnaient des cornes de brume. Elles résonnaient en un long râle plaintif et déchirant. Cela m'intriguait un peu mais après tout, il s'agissait peut-être de l'ouverture de la chasse aux sangliers des plaines qui avait lieu à peu près à la même époque...
Sous le soleil écrasant des plaines arides, mon pas se faisait de plus en plus lourd. Chaque mouvement me brulait atrocement, il était temps pour moi de faire une pause amplement méritée. Assis à l'ombre d'un érable (ou peut-être était-ce un chêne je ne sais , mes connaissances arboricoles sont, je l'avoues très volontiers, assez limitées) je me reposais. Calme et serein. Une légère brise venait chatouiller mes oreilles et des oiseaux chantaient leurs douces mélopées. C'est dans ces moments là que l'on ne regrette pas d'être tout simplement vivant. J'aurais voulu que cet instant dure une éternité. Je plongeais alors ma main dans mon baluchon pour en sortir une flasque de lait de bambou, mon pêché mignon, afin de le siroter paisiblement. Je pris soin de garder le reste de mes provisions pour plus tard bien que mon ventre commençait à crier famine. Soyons raisonnable disait mon grand oncle Jean-Henri Yète de Panda. Un noble certes, mais un brave homme avant tout. Soudain, tel un ouragan, un bruit assourdissant vint briser ce calme. Les cornes de brume comment avais-je pu les oublier ? Elles se faisaient oppressantes, se rapprochaient de plus en plus. Je vis alors au loin les arbres se plier sous le passage de quelque chose ou de quelqu'un ,qu'en savais -je? Je restais pétrifié d'effroi, incapable de bouger la moindre moustache. Dans le brouhaha abrutissant, voire même aliénant, deux énormes monstres, corne à la main, surgirent devant moi. Oh j'en avais bien entendu parlé certes, mais je pensais qu'il s'agissait d'une légende urbaine que l'on racontait aux jeunes pandawas pour qu'ils soient sages. Hors, je les avais devant moi, imposants et terrifiants. Les trools. Je voulus m'enfuir,le lait de bambou aussi du reste, mais il était trop tard. L'un des deux ignobles trools leva sa gigantesque masse d'arme au dessus de ma tête, je fermai les yeux attendant mon trépas. J'entendis un bruit métallique et un cri d'agonie, j'ouvris les yeux à nouveau. Quelle stupeur!!! Devant moi se dressait, fier et droit, un guerrier tout de noir vêtu, j'appris par la suite qu'il se nommait Cuumon et était un sram. A ses pieds ,le cadavre ensanglanté d'un des deux monstres. Pris de fureur le second se mit à reluire, une lumière, je vous jure sur ce que j'ai de plus cher, qui ferait pâlir le plus brillant des astres, une lumière aveuglante. Il chargea alors vers nous. Le sram , qui était en train d'affuter ses dagues , ne semblait prêter aucune attention au mastodonte qui fonçait sur nous. Epouvanté je lui criait alors : "Mais nous allons mourir, fuyons tant qu'il est encore temps" Il me regarda de son oeil livide et ténébreux puis me rétorqua : "Oh tu sais petit, en ce qui concerne la mort, crois moi bien, elle ne risque pas de venir une deuxième fois"
Le trool n'était plus qu'à quelque centimètres de lui. C'est alors qu'un tourbillon noir se dressa au dessus de la bête en rage, un énorme faisceau sombre en sortit, l'environnement se trouva alors plongé dans les ténèbres. Quand la lumière du Soleil réapparut, il n'y avait plus de trools (et plus de végétation non plus), juste le sram et moi. Il se mit à rire, puis me dit que j'avais eut chaud pour cette fois mais que tout travail méritait salaire, il saisit alors mon steack de dragodinde et mon sucre de palmifleur puis s' assit à mes côtés. Nous discutâmes longtemps.Il me fit comprendre que jusqu'à nouvel ordre, je devais le suivre partout afin d'éponger ma dette. Adieu pandala, me disais-je au fond de moi-même. J'obtempérais par peur des représailles.
Cinq jours s'écoulèrent, cinq jours où nous parcourions le monde. Je le suivait partout, mes niveaux défilaient et je ne m'en rendait pas compte. Peut-être qu'au final il cherchait davantage à se forger un successeur, qu'à me faire payer pour m'avoir sauver la peau. Je ne le saurais jamais. Toujours est-il que j'en appris plus que de raison, au fil du temps le valeureux sram se dévoilait, nous avions instauré un climat de confiance, d'amis, j'en remercie encore le Dieu des Pandas de m'avoir placé sur sa route. Je fis également la connaissance d'un chat, un eca je crois, du nom d'Ekarnage. Un brave soldat au service de l'armée des tahre helay ktreek tout comme mon ami sram. J'appris à ses côtés, la diplomatie, l'art du don de soi, et le contrôle de sa puissance et de sa colère. Un vrai maître bénédictins me direz vous ? Et bien, en un sens, oui mais avant tout quelqu'un qui savait manier l'épée comme personne. Impressionnant de le voir trancher avec autant de facilité la jugulaire d'un énorme chien qu'ils appelaient Meulou. Peut -être était ce la vieille rancoeur chien/chat, qui l'animait d'une telle bestialité, toujours est il que le résultat était là. Ah oui, je ne vous ai pas dit, j'ai donc rencontré toute sorte de monstres aussi impressionnants les uns que les autres, les trools me paraissaient tout d'un coup moins féroces allez savoir pourquoi. Des fantômes de l'île de grobe aux abrakleurs de Otomaï tout y passa. J'en étais le témoin évidemment, vu que je ne possédais pas encore la puissance nécessaire pour me battre. J'attendais avec impatience le moment où je pourrais m'enrôler dans l'armée Thk (dont je connaissais déjà plusieurs membres), il paraissait que la sélection était assez dure. Cela n'était qu'un challenge de plus que je devais relever.
Et me voila donc, devant vous, en train de livrer une partie de ma courte existence. J'ai muris depuis, j'ai acquis une certaine maîtrise des eaux que la déesse Ondine m'a elle même placé entre les mains. J'en suis par ailleurs très fier. Cependant, un poids me pèsait encore, un mal-être me rongeait de l'intérieur. Je ne savais pas à quoi il état du jusqu'à aujourd'hui.
Cuumon me prit à partie, et me dit en face ces quelques paroles qui résonnent encore dans mon esprit troublé :
"- Amparo, mon brave ami, tu m'as montré ta loyauté sois sur que ton ardoise envers moi est depuis longtemps effacée. Tu as été un ami fidèle et sans faille. Aussi je te dois la vérité. Tu ne te souviens pas des ta petite enfance, et cela est tout à fait normal, tu es comment dire , différent des autres. Tu existes à part entière, oui, mais tu es une mule. Amparo, je suis ton père !!! Sois fort et accepte le. Tu a été crée par mes soins afin de monter un bateau Ekarnage qui m'avait souligné qu'il était impossible de le duper, j'ai relevé le défi. Tu m'en vois navré de te dire cela ainsi, mais tu devais le savoir un jour ou l'autre, je tenais à ce que tu le saches par moi."
Je me revois encore fondre en larme, l'idée me vint de lui couper les deux mains par vengeance mais je l'estimais trop. Pourtant , force est d'avouer que la vérité, la réalité même, m'a rattrapé. Je suis la mule de Cuumon. Mais cela fait il de moi un être dont l'existence n'a pas de sens? Est ce que je pense par moi même ou est -ce lui qui me dicte mes pensées? Je suis là, pauvre et esseulé, encore tremblant de la terrible nouvelle. Je prie pour que vous ne me rejetiez pas de votre famille parce que je ne suis pas celui que je croyais être. J'implore la clémence des cieux afin de me faire oublier ma misérable condition. Une mule, je suis une mule, rien qu'une mule... Une mule qui a cru, un moment, pouvoir exister dans ce monde de barbare, pouvoir faire changer les choses et les gens. Une mule qui n'a pas d'esprit propre à elle-même mais qui conserve son âme, qui s'y accroche vainement.
Voici ma triste histoire, les amis, une histoire plutôt épique, oh je n'en veux à personne, pas même à Cuumon, il cherchait à me préserver sûrement. Je retourne donc dans l'oubli, là où personne ne jugera un panda comme moi, là d'où je n'aurais jamais du partir.
Amparo _________________
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